
La culture de nos vignes
Certains nous prendront pour des ‘dinosaures’, d’autres pour des puristes, à vous de choisir, mais nous sommes l’un des derniers domaines viticoles à tout faire de A à Z en partant de terrains nus. Nous plantons nous même nos vignes, les cultivons et produisons notre vin nous même, sans faire appel à aucun prestataire, ni intervenant extérieur.
À la naissance de nos futures vignes
Pour produire du bon vin, il faut de belles vignes. La préparation du terrain est donc une étape essentielle. Tout commence par le traçage des lignes sur la parcelle, qui servira de guide pour la plantation. Ensuite, on plante les premiers tuteurs, de fines tiges métalliques, qui marquent l’emplacement futur des pieds de vigne. Une fois tous les tuteurs alignés sur l’ensemble de la surface, on vérifie l’équerrage, afin que les rangs soient bien droits et harmonieux. Ce travail de précision est essentiel pour la suite. Enfin, dans un second temps, on plante les greffes, qui deviendront dans quelques années de beaux pieds de vigne. Ce sont ces derniers qui, 4 ans plus tard, produiront les raisins destinés à l’élaboration de notre Pouilly-Fumé. Vient ensuite la pose des piquets, plus robustes, qui soutiendront la future structure de palissage.
La taille
Le début d’une nouvelle saison commence quand les feuilles sont tombées. Vient alors, l’étape cruciale de la taille, généralement effectuée entre décembre et mars, voire avril selon les conditions météo. Au domaine, nous pratiquons la taille Guyot simple, en laissant un courson et une baguette sur chaque pied. Dès que la taille est terminée, nous procédons au tirage du bois, c’est-à-dire au retrait des sarments coupés. Il faut ensuite attendre un coup de gel ou de froid, qui durcit la terre, pour pouvoir broyer les sarments. En effet, gel raffermissant la terre, permet au tracteur de passer sans que les sarments ne s’enfoncent dans le sol. Cette opération ne peut donc pas se faire sous la pluie. Le broyage permet de réintégrer les sarments dans le sol : ils sont ainsi transformés en matière organique, servant d’engrais naturel. Ce recyclage végétal est précieux, puisqu’il couvre environ un tiers des besoins en matière organique de la vigne.
Après la taille, place au broyage des sarments
Après la taille hivernale, les sarments coupés doivent être retirés. Cette opération, qui consiste à décrocher les sarments taillés pour les déposer entre les rangs, se fait généralement entre janvier et avril, en fonction des conditions météo. Une fois les bois tirés, on procède au broyage mécanique. Ce broyage est étroitement dépendant de l’état du sol : il est préférable d’intervenir après une période de gel, lorsque la terre est dure. Comme dit précédemment, les sarments broyés sont laissés sur place : ils se décomposent progressivement et enrichissent naturellement le sol en matière organique. Ce recyclage contribue à hauteur d’environ un tiers des besoins annuels en matière organique de la vigne, ce qui est particulièrement précieux dans le contexte d’une viticulture durable.
Quand le gel de printemps menace
Avec la grêle, le gel de printemps représente l’un des plus grands risques pour la vigne, surtout lorsque les bourgeons sont déjà sortis mais sont encore fragiles. Pour protéger les parcelles, plusieurs dispositifs sont mis en place. A Riaux, nous avons investi dans deux tours anti-gel mobiles, et avons une participation collective dans une tour fixe installée dans le vignoble, proche de nos parcelles. Ces tours fonctionnent sur le principe de la ventilation : elles brassent l’air froid au niveau du sol avec l’air plus chaud situé un peu plus en hauteur, créant un mouvement qui limite la chute brutale des températures autour des pieds de vignes. Les tours mobiles ont l’avantage de pouvoir être déplacées selon les besoins d’une année à l’autre, tandis que la tour fixe couvre une zone bien définie. En complément, des bougies paraffinées peuvent être allumées entre les rangs. Leur chaleur rayonnante permet de maintenir la température juste au-dessus du seuil critique. C’est la méthode la plus efficace. Bien que coûteuses financièrement, mais aussi en main-d’œuvre et en énergie, et n’étant pas des plus durables, ces bougies offrent une protection précieuse (mais limitée en surface) lors des nuits les plus froides.
Le binage des sols
Le binage est une étape essentielle pour entretenir les sols de la vigne. Comme le montrent ici nos photos, il s’agit d’un passage avec des extirpateurs, ie: les embouts rouges qui dépassent du tracteur. Ces outils permettent de décompacter les rangs, d’aérer la terre et de favoriser la vie microbienne. Ce premier travail permet également de casser les éventuelles croûtes en surface et de préparer le sol à recevoir les futures pluies ou amendements organiques. Il s’agit d’un travail mécanique qui se fait entre les rangs de vigne, souvent en sortie d’hiver pour préparer le sol au deuxième passage qui se fera avec des rasettes (lames pour couper les mauvaises herbes), plus en profondeur.
À la rencontre de la piocheuse
Après le décompactage, nous effectuons un désherbage mécanique à l’aide de rasettes et aussi d’une piocheuse, en particulier pour les jeunes plants. Cet outil manuel est équipé de lames plates conçues pour couper les systèmes racinaires des mauvaises herbes au plus près des ceps. Ce travail demande beaucoup de synchronisation, deux personnes doivent être présentes : l’une conduit le tracteur, tandis que l’autre ajuste et accompagne le mouvement des lames à l’arrière. La piocheuse permet un travail plus précis que les interceps car il est sans risque d’endommager les jeunes greffons ou les ceps. Ce binage plus profond, complémentaire au travail de binage entre les rangs, est très exigeant mais aussi très efficace pour maintenir un sol propre, vivant et bien équilibré.
Les Vendanges en vert
La vendange en vert est une pratique particulière et plus rarement utilisée. Elle n’a lieu que lorsque l’année le justifie, ce qui reste assez exceptionnel. Depuis 1995, une seule intervention de ce type a été nécessaire : en 2004, il a fallu enlever une partie des raisins avant la récolte car la vigne montrait un potentiel de production trop élevé. Cette opération consiste à supprimer une partie des grappes en cours de développement, afin d’alléger la charge de la plante et d’assurer une meilleure concentration dans les raisins restants. Bien que visuellement impressionnante et parfois jugée esthétique, cette pratique ne fait pas partie de la philosophie du Domaine, qui privilégie un équilibre naturel de la vigne sans intervention systématique.
Le temps des vendanges
A la fin les vendanges, c’est À la cave que la vinification commence !